Théo Justine, fondateur de Super-Coach et de l’Académie du Coaching Thérapeutique

Comment trouver sa passion quand on ne sait pas quoi faire de sa vie ?

October 17, 2026•6 min read

Développement personnel, Reconversion professionnelle, Trouver sa voie

Comment trouver sa passion quand on ne sait pas quoi faire de sa vie ?

J’ai dit à des amis que je n’avais pas le temps ni l’argent pour aller boire un verre, alors que je venais d’acheter une formation à 10 000 €. Ma compagne m’a fait remarquer cette contradiction. Elle illustre à quel point je consacre facilement des ressources à ce qui me passionne : l’apprentissage, la psychologie et la connaissance de soi.

Si je commence par cette scène, ce n’est pas pour vous dire qu’il faut acheter des formations hors de prix. C’est pour montrer que, souvent, nos vraies priorités se voient dans nos choix concrets, même quand on prétend ne pas savoir ce qui nous intéresse vraiment. Avant de chercher une passion mystérieuse, cachée quelque part à l’extérieur, on peut déjà regarder ce qui est là, sous nos yeux, dans notre quotidien le plus banal.

Avant de chercher ailleurs, observer ce qui est déjà là

Quand on est en pleine reconversion professionnelle ou en quête de sens, on a parfois l’impression qu’il faut tout recommencer à zéro. On se dit qu’on n’a pas de passion, qu’on est « vide », qu’on ne sait pas du tout dans quelle direction aller pour trouver sa voie. Pourtant, il y a presque toujours des indices déjà présents, mais qu’on minimise parce qu’ils nous semblent « normaux » ou « pas sérieux ».

L’idée n’est pas de forcer une réponse ni de transformer chaque intérêt en projet de carrière. L’idée, c’est d’ouvrir les yeux sur ce qui vous attire déjà, spontanément. Je vous propose quatre questions simples, à utiliser comme des pistes d’observation. Ce ne sont pas des tests magiques, juste des moyens de mieux vous connaître.

1. Vers quoi vont vos pensées quand rien d’urgent ne vous occupe ?

Quand vous n’êtes pas absorbé par vos obligations, vos factures, vos mails ou vos problèmes du moment, vers quoi dérivent vos pensées ? Est-ce que vous vous surprenez à imaginer des projets créatifs, à refaire le monde, à penser à des lieux, à des causes, à des sujets précis ?

Une piste concrète : observez vos rêveries dans les transports, sous la douche, en marchant. Notez, même brièvement, les thèmes qui reviennent. Pas besoin que ce soit clair ou « rentable ». Ce peut être l’envie d’aider, de construire, de comprendre, de réparer, de créer, d’enseigner. Ces pensées récurrentes sont souvent des traces discrètes de ce qui compte pour vous, une première boussole pour trouver sa passion.

2. À quoi consacrez-vous spontanément votre temps disponible ?

Quand une soirée se libère, quand vous avez une heure devant vous, qu’est-ce que vous faites sans qu’on vous y oblige ? Vous plongez dans des livres, vous regardez des vidéos sur un sujet précis, vous discutez toujours des mêmes thèmes avec vos proches, vous cherchez des informations sur internet ?

Concrètement, vous pouvez regarder votre historique de navigation, vos playlists, vos abonnements, vos podcasts, vos comptes suivis sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce qui revient encore et encore ? On sous-estime souvent ces traces parce qu’elles ont l’air « juste pour passer le temps ». Pourtant, elles montrent ce vers quoi votre curiosité se tourne naturellement, sans pression extérieure. C’est précieux quand on cherche à trouver sa voie.

3. Pour quoi choisissez-vous de dépenser de l’argent (même un peu) ?

Dans mon anecdote du début, la contradiction entre le verre refusé et la formation achetée montre bien une chose : nos choix financiers révèlent nos priorités profondes. Quand vous avez un peu de marge, même modeste, à quoi la consacrez-vous ? Livres, ateliers, matériel créatif, outils, sorties, événements, formations ?

Je veux être très clair : cet exercice ne consiste pas à dépenser davantage. Il ne s’agit pas d’acheter des choses pour « se créer une passion ». Si vous n’avez pas de marge financière, vous pouvez observer vos envies : les livres que vous regardez en librairie sans les acheter, les sujets de formations que vous consultez, les activités gratuites que vous aimeriez tester. Même sans sortir un euro, vos centres d’intérêt laissent des traces dans vos choix, vos recherches, vos envies d’apprentissage.

4. De quoi pourriez-vous parler pendant des heures sans vous lasser ?

Imaginez une conversation où le temps passe vite, où vous ne voyez pas les minutes défiler. De quoi parlez-vous dans ces moments-là ? De relations humaines, de cinéma, de pédagogie, de cuisine, de sport, d’écologie, d’organisation, de jeux, d’histoire ? Il y a souvent un sujet sur lequel vous vous sentez plus vivant, plus engagé, même si vous ne vous trouvez pas particulièrement « expert ».

Une piste concrète : repensez aux discussions où l’on vous a déjà dit « on voit que ça te tient à cœur » ou « tu pourrais continuer pendant des heures ». Ce n’est pas forcément ce qui deviendra votre métier, mais c’est un bon indice de ce qui vous nourrit vraiment. Ce sont ces zones-là qui valent la peine d’être explorées quand on veut trouver sa passion ou envisager une nouvelle direction.

Un intérêt n’est pas automatiquement un métier

À ce stade, vous avez peut-être identifié quelques thèmes qui reviennent. C’est déjà beaucoup. Mais je veux insister sur un point : un intérêt, même fort, ne devient pas automatiquement une profession. Aimer cuisiner ne veut pas forcément dire ouvrir un restaurant. Aimer écouter les autres ne signifie pas forcément en faire un métier. Il y a un chemin entre ce qui vous attire et ce que vous ferez concrètement au quotidien.

Pour transformer éventuellement ces indices en projet de reconversion professionnelle, il est utile de :

  • découvrir les activités possibles autour de ce thème : quels métiers, quelles missions, quels rôles existent déjà ?

  • rencontrer des professionnels, poser des questions simples sur leur quotidien, leurs contraintes, ce qu’ils aiment ou non dans leur travail.

  • comprendre les formations nécessaires, les étapes possibles, les chemins d’accès réalistes.

  • réfléchir au cadre qui vous convient : salariat, entrepreneuriat, indépendant, temps plein, temps partiel, projet parallèle.

Vous n’êtes pas obligé de tout plaquer du jour au lendemain. Vous pouvez explorer progressivement, tester une activité en parallèle, suivre une petite formation, faire du bénévolat, poser des questions, tout en gardant votre emploi actuel. C’est souvent plus rassurant, et ça laisse le temps de vérifier si l’idée qui vous attire tient la route dans la réalité.

Un exercice simple pour clarifier vos indices

Pour terminer, je vous propose un exercice très simple, à faire au calme. Prenez une feuille et divisez-la en quatre parties. Dans chaque partie, répondez aux quatre questions avec des exemples concrets, tirés de votre vie réelle :

  • Vers quoi vont vos pensées quand rien d’urgent ne vous occupe ?

  • À quoi consacrez-vous spontanément votre temps disponible ?

  • Pour quoi choisissez-vous de dépenser de l’argent, ou quelles envies d’apprentissage reviennent, même gratuitement ?

  • De quels sujets pourriez-vous parler pendant des heures sans vous lasser ?

Ensuite, relisez vos réponses et repérez les thèmes qui reviennent. Peut-être que plusieurs colonnes pointent vers la même direction. Ce n’est pas une preuve définitive, mais ce sont des indices solides à explorer. Petit à petit, en observant ces traces, en vous informant, en rencontrant des personnes, vous pourrez avancer vers une vie qui vous ressemble davantage, et, chemin faisant, peut-être trouver votre passion et la place qu’elle peut prendre dans votre vie professionnelle.

Théo JUSTINE

Théo JUSTINE

Théo Justine est Coach-Thérapeutique et fondateur de Super-Coach et de l’Académie du Coaching Thérapeutique. Passionné par la psychologie et la connaissance de soi, il partage ses réflexions et son expérience pour aider chacun à mieux comprendre ce qui l’anime, trouver sa voie et explorer de nouvelles possibilités professionnelles.

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